Pérégrination 2012 de Jocelyne et Jacky

Vote utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

Pérégrination de Jocelyne et Jacky

 

En 2013 nous avons pérégriné quasiment 6 mois : 174 jours, exactement.  Sur la totalité de ces 174 jours de marche nous avons pris en tout et pour tout que quatre jours de repos :

       -1 jour pour aller retrouver deux de nos petits fils qui résident à St Egrève au nord de Grenoble.

       -1 jour (repos forcé) à cause d’une terrible tempête sur la Galice.

       -2 jours pour “s’enivrer“ une cinquième fois de Santiago de Compostelle. (2007, 2008, 2010, 2011, 2013)

 

Voici de façon très lapidaire le descriptif de notre parcours :

Nous sommes partis le 23 JUIN de Rocroi (Frontière  Belge) en prenant pour la première fois le nouveau tracé mis en place par l’association « Randonneurs - Pèlerins 51 » qui fait gagner par rapport au tracé initial  environ 150 km entre Rocroi et Vézelay. (Nouveau chemin que nous avons balisé nous deux Jocelyne en février 2013 à partir de la frontière Belge sur une bonne vingtaine de kilomètres)

Le jour de notre départ de Rocroi,  le Créateur , par signe de bon augure, avait tenu de se manifester, à sa manière, en nous accompagnant  les douze premiers jours  en nous déversant  tous les jours et par intermittence, son eau, « source de Vie », à grands coups de goupillon.

 

            Une fois arrivés à Vézelay  nous avons pris « la Voie d’Assise » jusqu’à SUSA en Italie.

Cette voie d’Assise (chemin de Paix) balisée avec la Croix de Tau coiffée d’une colombe passe par TAIZE qui est un haut lieu de rassemblement européen de la Jeunesse Chrétienne : (ce jour là, ils étaient plus de 2000 jeunes de différentes Nations de réunis pour prier), CLUNY, très connu pour son ancienne Abbaye,  ARS : la ville où Jean Marie Vianney (le curé d’Ars) fut Curé de cette paroisse pendant 41 ans. Il est mort en 1859 et son Corps repose en la Basilique d’ARS dans un caisson de verre. C’est lui le Saint patron de tous les curés. D’ailleurs, on voit sa statue un peu partout dans les églises de France, d’Italie,  d’Espagne et du Portugal.

Nous avons  traversé  les monts du beaujolais puis du lyonnais, ainsi qu’une partie de la  Chartreuse et la Chaine de Belledonne (Alpes du Sud).

Nous sommes passés dans la Savoie et la haute Savoie par les cols du Pas de la Coche : 1989m, de la croix de Fer : 2068 m, puis traversées les villes de saint Michel et Saint Jean de Maurienne, le village de Bramans pour franchir ensuite  le col du Petit Montcenis : 2183m (haute Maurienne). Ce col fait  la frontière entre la France et  Italie. (Col du Petit Montcenis à ne pas confondre avec celui  du Mont Cenis  qui est  moins élevé de 100 mètres et que l’on passe en voiture).

A Susa (Souze en Français) situé dans le Piémont Italien, nous avons pris une partie du chemin qui va de Rome à Saint Jacques de Compostelle en passant par le col du Montgenèvre : 1850m qui fait la Frontière entre l’Italie  et la France. A partir de ce col nous avons cheminé sur  « la Via Domitia » qui passe par Briançon, Gap, Sisteron, Forcalquier, Cavaillon et Arles. A partir d’Arles nous avons continué notre cheminement en suivant un segment  de la « voie Tolosana » (GR 653) qui passe par Montpellier, Castres, Toulouse, Auch, Pau et Oloron Sainte Marie.

A Oloron Ste Marie nous avons quitté ce GR 653 qui va en direction de l’Espagne en passant par le col du Somport (1632m)  qui  rejoint en Espagne la ville de Puenta la Reina ; qui est l’unique point de jonction sur le » Camino Francès » (chemin Français) avec les différents chemins venant de France.

Donc, à partir d’Oloron Ste Marie nous avons pris   la direction de Navarrenx, où une fois arrivés dans cette ville,  nous  nous sommes recoupés sur le GR 65 qui va en trois étapes à Saint Jean Pied de Port.

A St Jean Pied de Port, nous avons fait le choix de ne pas prendre le GR 10 à cause de son relief beaucoup trop accidenté.  De ce fait, nous avons simplifié notre parcours en  achetant sur place un tout petit topoguide rédigé par un ancien pèlerin dont le tracé va de St Jean Pied de Port jusqu’à  Hendaye dans les Pyrénées Atlantiques en passant par St Etienne de Baïgorry, Bidarray, Espelette et Ascain.

A Hendaye, nous avons pris une légère embarcation pour traverser en onze minutes le bras de mer entre Hendaye et Ondarribia en Espagne. Ensuite, nous avons cheminé sur le «  Camino del Norte » (Chemin du Nord) en longeant toute la côte de la mer Cantabrique qui passe par San Sébastian (Donostia), Bilbao,  Laredo- Santoña,  Somo -Santander, San Vicente de la Barquera, Lianes, Ribadesella, Colonga, Villaviciosa et Oviedo. Comme le font  tous les pèlerins empruntant ce chemin du nord, nous avons été obligés de prendre le bateau entre Laredo et Santoña ainsi qu’entre Somo et Santander qui est le seul moyen de transport rapide maritime entre ces villes là.

A Oviedo, nous avons pris le « Camino Primitivo » (Chemin Primitif) en direction de Lugo, via la traversée des Asturies et ensuite la Galice pour arriver à Santiago de Compostelle le 11 novembre où nous sommes restés pendant deux jours avant de reprendre nôtre bâton de pèlerin pour continuer notre pérégrination sur le « camino Português ».

Je fais là une parenthèse car normalement une fois arrivés à Santiago l’on devait normalement rentrer en France en prenant à l’envers une partie du « Camino Francès » ; mais  une heureuse rencontre avec un couple d’Autrichiens, couple à la retraite, partis de LINZ au nord de l’Autriche,  croisés plusieurs fois  dans le Sud de la France, nous a donné  l’idée de faire comme eux et de nous rendre au Sanctuaire de  FATIMA puis Lisbonne au Portugal. Comme ce projet n’était pas prévu avant notre départ de Rocroi il nous fallut donc trouver un topo pour pouvoir le mettre en application. Nous avons eu la chance de trouver ce topoguide dans « la boutique du Pèlerin » à St Jean Pied de Port, à une « légère » différence près, que ce topo est rédigé uniquement que dans le sens de la marche qui va de Lisbonne à  ST Jacques de Compostelle.  De ce fait,  pour pouvoir vraiment  l’utiliser nous avons dû non seulement le lire en commençant par la fin mais le lire également de droite à Gauche (comme l’écriture Arabe) et le lire également en remontant une à une chaque ligne comme il se doit. Heureusement que  Jocelyne est une experte dans ce genre d’exercice. Disons le, assez compliqué.

 

Nous avons passé la Frontière  entre l’Espagne et le Portugal  à TUI. Via, Ponté de Lima, Barcelos, Porto,  Coïmbra (ville universitaire),  FATIMA,  Santarém et Lisboa  (Lisbonne) où nous avons  terminé notre pérégrination le 13 décembre 2013 après un périple d’environ  4000 kilomètres.

 

Le choix fait par Jocelyne de prolonger notre pérégrination par le Portugal  fut des plus judicieux, car du 14 novembre au 13 décembre nous avons eu pour ainsi dire  que du ciel bleu, avec quelques fois des  gelées blanches le matin, mais uniquement dans  la dernière quinzaine avant notre arrivée à Lisbonne.

 

Entre Rocroi et Susa en Italie nous avons  rencontré  que très peu de Pèlerins, hormis  un couple rencontrés  après Vézelay  qui marchaient pendant une semaine  sur la voie d’Assise. Nous étions dans cette période là dans le Morvan ; région, colonisée curieusement de plus en plus par des Hollandais.

Nous avons rencontré sensiblement  le même phénomène dans un secteur du sud de la France où une partie des autochtones cohabitent  en compagnie d’Anglais parfaitement  sédentarisés. 

Nous avons rencontrés après Cluny  un couple de Polonais partis de VARSOVIE, ils étaient  en compagnie de 2 pèlerins Allemands.

Après St Guilhem le Désert  nous avons cheminé deux jours avec un Ardennais originaire de Villers Semeuse (heureux retraité de la SNCF depuis l’âge de 50 ans qui n’aura jamais été une seule fois roulant pendant toute sa carrière professionnelle),  il était accompagné de sa deuxième épouse et de leur fille.

A partir d’Arles nous avons rencontré pendant une période de trois à quatre semaines  une petite vingtaine de pèlerins qui marchaient sur la Voie Tolosana. Ils faisaient pour la totalité que des tronçons de 8 à 15 jours ou trois semaines de marche maximum.

Une heureuse surprise ! En Espagne, nous avons rencontré dans une « albergué » une vieille connaissance : «WOLKER », un pèlerin Allemand très gourmet, avec qui nous avions marché  en 2011 pendant plusieurs jours  dans l’ouest de la France. (Nous étions à cette époque là dans les Landes et remontions vers Bordeaux et le mont St Michel).

Quatre/cinq jours avant de cheminer pendant quelques jours le long du canal du midi, nous avons fait la connaissance de Jean Marc et de Frédérique, sa compagne.  Ils étaient partis du département du Var en compagnie de leur âne « Théophile », un bel âne blanc Egyptien âgé de 14 ans. On aurait dit : « Joseph et Marie ». Il ne manquait que l’Enfant « JESUS » (pour la photo). Ils sont allés à Santiago en prenant  le Camino Francès.

Sur la voie du nord en Espagne. Idem !? Nous avons rencontré  que très peu de pèlerins (à peine une vingtaine) qui pour la majorité ne marchaient qu’une semaine ou deux. Seul un couple de français à la retraite, Mireille et Bernard partis d’IRUN (Espagne) sont allés jusqu’à  Santiago.

Heureuse Providence : le jour de notre arrivée à Compostelle nous avons retrouvés après plusieurs semaines de cheminement sans nous avoir revus entre temps, Mireille et Bernard (dans la même pension où nous étions hébergés) ainsi que  joseph et  Marie, mais sans  leur âne « Théophile » qu’ils avaient volontairement laissé en France par crainte de rencontrer avec lui quelques petits problèmes en Espagne. (Le pèlerin avec un âne n’est pas très bien perçu chez nos voisins Hispaniques).

Entre Sisteron et Gap nous avons croisés deux Rémois, Ghislaine et Philippe. Ils étaient partis  d’Arles et se rendaient à Rome. Ils étaient en compagnie de René et Danielle, un couple d’hébergeant  très âgés qui avait tenu à les accompagner  un bon  bout de chemin  (pas moins de 7 km). Couple, qui  non seulement à tenu à nous inviter chez eux à déjeuner, mais, qui en plus, nous à trouvé après multiples coups de  téléphone un hébergement pour le soir même chez un couple : Florence et Christian qui est docteur vétérinaire. Couple simple très sympa  et en plus  très serviable  qui à  fait tout son possible pour nous héberger ce jour là malgré que notre étape n’était pas prévue chez eux. Nous étions ce soir là quatre pèlerins de rassemblés : un Procureur, un ex chef d’Entreprise, tous les deux à la retraite. Par faute de pas assez suffisamment de chambres dans leur demeure, leur fille est allée dormir chez une copine pour nous laisser sa chambre.

Nous gardons aussi en mémoire le témoignage des quelques personnes qui nous ont ouvert leurs portes avec tout simplement leur cœur et humilité ; tel que cette famille de dix enfants qui sans elle nous serions restés sans rien mangé de la journée et dormis à fortiori, la nuit, dehors, à la belle étoile. Nous pensons également à Gilberte et Bruno qui ont entre eux une grande différence d’âge (lui, un peu du genre baba cool,  éleveur de moutons) dont leur fils adopté est adulte handicapé mental. Ils nous ont accueillis avec beaucoup de simplicité et de  gentillesse malgré l’inimaginable fourbi dans leur cuisine occasionné depuis plusieurs semaines par d’importants  travaux de réfection d’intérieur réalisés uniquement par Bruno, le maître de maison. Ce soir là, nous avons dîné les cinq ensemble sur un coin de la table de la cuisine en compagnie et à proximité du panier où somnolait leur chienne très âgée, sourde et aveugle qui attendait péniblement dans une odeur nauséabonde le jour de sa dernière heure arriver.

En France, pendant toute la totalité du mois de juillet et du mois d’août nous avons rencontré à plusieurs reprises de sérieux problèmes d’hébergements ; surtout quand il nous fallait réserver à l’avance  soit une chambre  d’hôtes  ou une chambre d’hôtel.  Plus de 95% de nos appels laissés sur répondeur restés à chaque fois sans réponse et ceci malgré tous nos appels plusieurs fois répétés. Le cas de figure le plus criant fut celui où nous avons téléphoné plusieurs fois pour réserver une chambre d’hôtes mais à chaque fois le répondeur fixe nous demandait d’appeler  un numéro de portable, portable qui demandait d’appeler sur  un autre numéro de portable, qui pour finir nous demandait d’appeler le téléphone fixe initial. Idem pour les hôtels, quand nous avions le répondeur nous étions sûrs de ne pas avoir de retour téléphonique. Dans les endroits connus comme très touristique tous les établissements d’hébergement sont à saturation et tournent à plein régime pendant toute cette période là et se fichent pas mal des appels laissés sur répondeur. Ceci est un simple constat qui dénote malheureusement et de façon déplorable un grand manque de respect minimum envers autrui.

Autre cas de figure ; toujours en France. Dans un tout petit village dont la seule épicerie affichait ce jour là son jour de fermeture qui était un mercredi. Nous nous sommes faits rejetés de l’hôtel restaurant que nous avions  pourtant réservé au préalable deux jours à l’avance pour dormir chez eux ce jour là ainsi que dans deux autres restaurants jouxtant l’un à côté de l’autre pour la stupide raison qu’il était passé tout  juste 13h30 pour prendre le déjeuner. Heure syndicale patronale oblige !? Qui à dit que c’était la crise en France ? 

Pendant la durée de notre périple nous avons dormis plusieurs fois à même le sol, sans matelas de sol ; uniquement dans notre sac de couchage. Certaines fois,  grâce à la complaisance du Représentant communal nous avons pu disposer soit d’un local de foot, d’un bâtiment en préfabriqué ou d’un appartement désinfecté ainsi que de salle appelée « hors sac ». Nous avons été hébergés par  deux fois dans un presbytère ainsi que dans un local attribué aux scouts.

Une fois, dans un bled complètement perdu nous avons dormis dans une salle «  hors sac » et avons demandé à la Mairesse de nous dépanner d’un paquet de pâtes. Pour agrémenter notre dîner celle-ci  nous y avait joint une boîte de sardines. Nous lui avons remboursé le tout, car nous partons toujours du principe, que même en tant que pèlerin : -Que rien n’est gratuit !  D’ailleurs, nous agissons toujours de la même façon quand nous sommes hébergés dans des familles « d’accueillants ». Au moment de notre départ, nous laissons toujours, et même parfois largement plus, la part de nôtre contribution en retour de la qualité de la prestation.

A Oulx,  en Italie, tous les hôtels et terrains de camping étant complets nous avons été obligés de dormir dehors chacun sur un banc sur le quai  de la gare en compagnie de quelques sans logis.

Lorsque nous avions l’opportunité de trouver sur le chemin un terrain de camping il nous arrivait de louer pour une nuitée soit, une toile de tente, une  caravane, un bungalow ou un chalet.

Le comble, fut la traversée de Toulouse (ville Universitaire) avec sa grande périphérie où tous les hôtels  disons à prix raisonnables affichaient « complet ». De ce fait, par faute de ne rien trouver pour dormir nous avons marché toute la nuit à la frontale jusqu’au lendemain 9 heures du matin.

Nous marchions souvent entre 25 et 30 kilomètres par jour. Notre plus longue étape aura été de 52 km et la plus courte de 12 km. Nous marchions en tenant compte surtout du dénivelé du terrain mais aussi des possibilités d’hébergements qui définissaient à chaque fois la longueur de nos étapes.

Nous avons connu toutes les différentes conditions atmosphériques : la chaleur, le froid, la pluie, le vent, les orages et les gelées matinales. L’été, nous partions très souvent à la fraiche, dès 5 heures le matin. Il nous arrivait de marcher toute une journée sans même penser une seule fois à poser notre sac qui affichait avec nos 2 litres d’eau chacun : 11 kg pour Jocelyne et 13 kg pour moi. Par contre, certaines fois, nous subissions ce curieux phénomène rencontré par tous les pèlerins qui faisait que par moment nôtre sac  semblait nous peser des tonnes sur nos épaules sans pour autant l’avoir délesté du moindre gramme au départ de notre étape.

Nous avons passé le col du petit Montcenis sous la pluie, la brume et le froid. Nous avons marché dans des secteurs montagneux très isolés, sous de violents orages déversant sur les sentiers et les chemins de vrais torrents d’eaux.  En Galice, nous sommes restés bloqués, contre nôtre gré, toute une journée dans une pension à cause d’une très forte tempête provenant des côtes maritimes. Ce jour là,  malgré une tentative contre les éléments déchaînés, nous avons été contrains, au bout d’une demi-heure de marche, de rebrousser chemin car nous étions trempés de partout.

Sur le chemin Portugais nous avons croisé un couple d’Asiatiques en résidence à New York qui marchaient en direction de Santiago.

   

 

Toujours au Portugal, nous avons fait une rencontre « éphémère », mais très marquante avec  « Antonio » : pèlerin Portugais  d’une quarantaine d’années qui cheminait seul depuis un peu plus de onze mois. Il était parti le 3 janvier de chez sa mère qui habite au sud de Porto pour se rendre à Rome pour continuer ensuite son pèlerinage par la « voie Francigéna » qui passe par le col du Montgenèvre, via la voie d’Arles. Il a poursuivi sa pérégrination en passant par le Sanctuaire de Lourdes, le chemin du nord de l’Espagne et le chemin Portugais jusqu’au Sanctuaire de Fatima. Le jour où nous l’avons rencontré il venait de la direction de Fatima et n’était plus qu’à une dizaine de  jours de marche de Santiago de Compostelle où sa famille venait le rejoindre. Misérable « Antonio », ayant comme seule ressource qu’une toute petite  pension  de 320 euros par mois pour invalidité professionnelle. Cela faisait plusieurs jours qu’il marchait sans argent. Ce pauvre Pèlerin était très amaigri non seulement  par la fatigue mais aussi par le manque de nourriture et portait malencontreusement des traces d’hématomes sur son visage et sur ses mains du fait d’avoir tombé plusieurs fois par épuisement les jours précédents.  Juste avant notre rencontre une boulangère ambulante venait de lui donner six petits pains. En apprenant qu’il allait toucher sa petite pension que seulement dans les trois prochains jours, nous avons réagi, comme on dit en « bons samaritains » en lui remettant nôtre obole, non seulement pour lui pouvoir dormir et manger le jour même mais aussi pour lui se nourrir les trois  jours suivants. A la vue de cette manne sortie miraculeusement de notre sac, nous avons alors assisté en ce moment là, à cet instant très solennel  en regardant « Antonio »  se prosterner devant cette « manne » en se bénissant lui-même plusieurs fois en faisant le simple signe de la croix. Moment fugitif, moment infiniment singulier, mais oh ! combien rempli d’émotion  que nous avons essayé de dissimuler le mieux possible en contenant nos larmes de joie.

Sur le chemin nous avons joués les secouristes. Mais cela reste, une toute autre histoire, à raconter.

Avant notre départ, le poids de  toutes  nos documentations (topoguides) était de 1,8 kg. Poids que nous avons dû couper en deux en nous  faisant adresser la seconde moitié par la poste une dizaine de jours avant notre arrivée à Arles.

Tous les jours, afin d’alléger notre sac à dos de quelques grammes, nous jetions à la poubelle les quelques feuillets utilisés de l’étape de la journée.

Cette année, pour fêter les 50 ans de notre mariage et les 70 ans de Jocelyne nous projetons  de nous rendre à pied  jusqu’à JERUSALEM. – Inch’Allah !!

Il est vrai que ce projet court maintenant depuis plusieurs mois dans notre tête ; mais il faut savoir également qu’à la date d’aujourd’hui que celui ci n’est toujours pas appliqué sur le moindre  bout de  papier,  non seulement  à cause des événements qui se passent actuellement au Moyen Orient et qui stopperont inévitablement notre pérégrination à la frontière Syrienne, mais aussi, et plus particulièrement, le fait de bien réfléchir, pour définir le plus précisément possible le point de départ de notre prochaine aventure. 

Une chose est sûre. Nous repartirons cette année. 

ULtréïa !! 

 

 Jacky & Jocelyne